La ministre de la Défense est restée assise tandis qu’une grande partie des membres du gouvernement et des députés socialistes saluaient par leurs applaudissements l’annonce de Sánchez. À la fin de la première intervention du président, Robles s’est bien levée avec le reste des ministres, même si elle a applaudi avec moins d’intensité et a été la première à se rasseoir, dans une scène qui intervient après plusieurs semaines de divergences publiques entre la Défense, l’Intérieur et la Moncloa au sujet des alertes préalables concernant Ceuta.
SÁNCHEZ PUBLIERA TOUS LES RAPPORTS
Le président du gouvernement a annoncé ce jeudi au Congrès qu’il avait ordonné la publication d’un dossier contenant « tous les rapports » reçus par l’exécutif sur la situation à Ceuta. Sánchez a affirmé que le gouvernement n’avait « rien à cacher » et a insisté sur le fait qu’aucun service de renseignement n’avait anticipé une entrée d’une telle ampleur les 30 et 31 juillet.
Selon le président, détecter une hausse des traversées à la nage était une chose, mais prévoir que plus de 70 000 personnes tenteraient d’entrer sur le territoire espagnol en était une autre. Sánchez a également soutenu qu’à ce jour, l’exécutif ne disposait pas de « preuves solides » permettant de conclure que le Maroc avait planifié et exécuté l’entrée massive.
La polémique s’est intensifiée après la révélation d’un rapport du Centre national de l’immigration et des frontières (CENIF) de la Police nationale, transmis à l’Audiencia Nacional, qui décrit les faits comme une entrée « planifiée » et non « spontanée ». Le document signale la présence et l’implication d’agents marocains et évoque une attitude de « permissivité » des forces de sécurité du pays voisin, même si la direction de la Police soutient que les documents disponibles ne permettent pas d’attribuer la responsabilité intellectuelle de l’opération au gouvernement marocain.
LE CONFLIT SUR LES ALERTES DU CNI
L’attitude de Robles au Congrès revêt une importance particulière, car la ministre de la Défense a maintenu une position différente de celle défendue par l’Intérieur et la Moncloa concernant le rôle des services de renseignement. Lors de sa comparution parlementaire le 25 août dernier, Robles avait assuré que le CNI avait accompli le travail qui lui incombait et que les informations avaient été partagées et analysées avec les forces et corps de sécurité de l’État ainsi qu’avec la délégation du gouvernement. Elle avait également affirmé que des alertes concernant des entrées de migrants à la nage avaient été lancées le 29 juillet.
Fernando Grande-Marlaska, au contraire, a défendu l’idée qu’aucun rapport n’avait anticipé une entrée massive de cette nature, une thèse que Sánchez a de nouveau soutenue ce jeudi depuis la tribune du Congrès. Les divergences avaient déjà provoqué un affrontement public entre la Défense et l’Intérieur, et l’image de Robles n’applaudissant pas l’annonce du président a une nouvelle fois mis en évidence ces désaccords en plein hémicycle.