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Le Maroc hausse le ton face à l’Espagne dans un communiqué : « Pourquoi maintient-on les mineurs non accompagnés loin de leurs familles ? »

Le gouvernement marocain a adressé un avertissement à l’Espagne en pleine polémique sur l’entrée massive de migrants à Ceuta. Rabat refuse de « servir de monnaie électorale » et de devenir « le bouc émissaire de règlements de comptes politiques », selon un communiqué officiel diffusé après le débat interne sur la réponse que l’Espagne doit adopter envers son voisin.
Le Maroc hausse le ton face à l’Espagne dans un communiqué : « Pourquoi maintient-on les mineurs non accompagnés loin de leurs familles ? »

Le gouvernement marocain a adressé un avertissement à l’Espagne en pleine polémique sur l’entrée massive de migrants à Ceuta. Rabat refuse de « servir de monnaie électorale » et n’accepte pas non plus de devenir « le bouc émissaire de règlements de comptes politiques », selon un communiqué officiel diffusé après le débat interne sur la réponse que l’Espagne doit adopter envers son voisin.

La prise de position marocaine intervient quelques heures seulement après que le Congrès a approuvé une proposition de loi visant à permettre aux Sahraouis de recouvrer la nationalité espagnole. Cette question avait suscité des inquiétudes quant à la possibilité qu’elle puisse tendre les relations avec Rabat.

Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger ouvre son communiqué en rappelant que le pays « a souverainement choisi d’établir, avec le Royaume d’Espagne, une relation fondée sur le bon voisinage géographique, la compréhension politique, le partenariat économique et la coopération en matière de sécurité », dont l’expression la plus aboutie a été la déclaration conjointe d’avril 2022.

Cette déclaration, affirme le Maroc, « a marqué une nouvelle étape dans les relations, fondée sur les principes fondamentaux de respect mutuel, de confiance réciproque, de dialogue permanent et d’aspiration à un partenariat mutuellement bénéfique ».

LE MAROC DÉFEND LA COOPÉRATION AVEC L’ESPAGNE

Grâce à cette approche, poursuit-il, les deux pays « ont réussi à cultiver avec détermination ce qui les unit et à circonscrire leurs différends afin de les aborder avec sérénité et respect, loin de toute volonté d’imposer des faits accomplis. De cette manière, des résultats tangibles ont été obtenus, notamment dans les domaines économique (l’Espagne est le principal partenaire économique du Maroc ; le Royaume est le deuxième partenaire commercial de l’Espagne hors de l’Union européenne) et de la coopération en matière de sécurité (des vies ont été sauvées et des réseaux terroristes et criminels démantelés, souvent au prix de pertes humaines et de dégâts matériels pour les forces marocaines) ».

Le communiqué souligne également que la coopération en matière migratoire « a toujours été coordonnée et efficace » et reconnaît que « les événements regrettables du mois de juillet dernier nécessitent sans aucun doute un examen approfondi afin d’éclaircir les circonstances, d’identifier les ingérences, de dénoncer les manipulations et, surtout, de garantir qu’ils ne se reproduisent pas ».

« Cela étant, au-delà des polémiques ou de la rhétorique, le bon sens et la vérité imposent de se poser des questions directes : pourquoi maintenir les accusations contre le Maroc alors qu’aucune donnée, aucun fait ni aucun rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines ? Pourquoi ne pas renvoyer les immigrés clandestins, alors que le gouvernement marocain s’est officiellement engagé à les réadmettre ? Pourquoi maintenir les mineurs non accompagnés loin de leurs familles, alors que le Maroc a demandé avec insistance leur retour ? », s’interroge le ministère marocain des Affaires étrangères, affirmant que la réponse à toutes ces questions « ne doit pas être cherchée au Maroc, mais parmi les acteurs espagnols concernés ».

RABAT DÉNONCE CERTAINS MILIEUX POLITIQUES ET MÉDIATIQUES

À cet égard, le Maroc déplore que « certains secteurs politiques et médiatiques espagnols persistent à instrumentaliser le Royaume en fonction d’un agenda intérieur » et juge « particulièrement déplorable que des partis historiques — dotés d’une vaste expérience de la gestion gouvernementale — aient pu s’engager sur ce terrain marécageux où l’escalade irrationnelle et populiste l’emporte sur le bon sens ».

Il estime en outre « regrettable que des institutions législatives et judiciaires respectables se lancent dans des initiatives malheureuses qui ouvrent la voie à la discorde. Ces dérives — dans lesquelles le discernement cède la place au simplisme et l’analyse objective à l’accusation — s’inscrivent dans une stratégie de la peur préjudiciable à tous », avertit-il.

Enfin, le ministère souligne que le Maroc « refuse de servir de monnaie électorale et n’accepte pas non plus de devenir le bouc émissaire de règlements de comptes politiques ». « Le voisinage géographique est une réalité immuable. Ce sont les responsables politiques qui, grâce à leur courage et à leur vision à long terme, le transforment en un atout pour l’avenir », mais « à l’inverse, l’aveuglement stratégique transformera cet atout en une source de méfiance chronique et de tensions récurrentes ».