La Fédération soutient qu’aucun organisme de l’État ne peut « ficher, cataloguer ou établir le profil idéologique » des professionnels de l’information. Selon elle, une telle pratique introduit « un élément de surveillance et de représailles potentielles » dans l’exercice du journalisme et porte directement atteinte à la liberté de la presse reconnue par l’article 20 de la Constitution.
« PROCHES » ET « PROBLÉMATIQUES »
La FAPE juge particulièrement grave qu’une institution publique établisse des catégories entre des journalistes « proches » et « problématiques ». Elle avertit que ce type de classement peut conditionner le travail des professionnels s’ils savent que leurs informations ou leurs opinions font l’objet d’un suivi.
La Fédération rappelle en outre que le ministère de l’Intérieur a la capacité d’influencer des questions telles que l’accès aux sources, les accréditations ou les relations institutionnelles. Elle estime donc qu’un classement idéologique des journalistes peut avoir des conséquences sur l’exercice d’un journalisme critique.
ELLE EXIGE LA FIN DE TOUT SUIVI
Face à cette situation, la FAPE a demandé au ministère de l’Intérieur de mettre « immédiatement » fin à toute pratique de classement, de suivi ou d’établissement de profils de journalistes par des organismes publics. Elle réclame également des garanties afin que les professionnels figurant sur cette liste n’aient subi aucun préjudice, aucune représaille ni aucun traitement différent en conséquence de ce classement.