Aragon

« Je garde la place » : que dit la loi lorsqu’un piéton tente de réserver une place de stationnement

Le conducteur met son clignotant et s’approche d’une place qui vient de se libérer. Mais avant de pouvoir y engager sa voiture, il se retrouve face à une personne plantée sur l’emplacement, qui refuse de bouger parce qu’elle « garde la place » pour un autre véhicule. Une situation qui peut rapidement faire monter la tension et qui, dans certains cas, va jusqu’à ce que le piéton s’assoie ou s’allonge sur le sol pour empêcher la voiture de se garer.
« Je garde la place » : que dit la loi lorsqu’un piéton tente de réserver une place de stationnement

La scène peut sembler relever de la politesse ou de la cohabitation entre voisins, mais elle comporte également un aspect juridique. Une personne ne peut pas réserver une place de stationnement pour un autre véhicule en l’occupant simplement avec son corps. L’article 122.6 du Règlement général de la circulation établit que, lorsqu’il existe une zone piétonne, un refuge ou un autre espace approprié, les piétons ne doivent pas rester immobiles sur la chaussée ou sur l’accotement, même s’ils attendent un véhicule.

Par conséquent, le piéton qui reste sur la chaussée pour empêcher un autre conducteur de se garer peut commettre une infraction. Ce comportement peut être sanctionné par une amende pouvant atteindre 80 euros. Il n’existe toutefois pas de sanction spécifique pour « garder une place » : ce qui est sanctionné, c’est le non-respect des règles encadrant la circulation des piétons.

LE CONDUCTEUR NE PEUT PAS SE FAIRE JUSTICE LUI-MÊME

Le fait qu’une personne soit assise ou allongée sur une place ne transforme pas l’emplacement en sa propriété, mais cela n’autorise pas non plus le conducteur à régler la situation avec son véhicule. Si le piéton refuse de bouger, avancer avec la voiture pour l’y contraindre peut créer une situation dangereuse. Le conducteur ne peut pas utiliser son véhicule pour écarter la personne, pas plus que le piéton ne peut utiliser son corps comme une barrière pour s’approprier la place de stationnement.

Dans ces cas, il est recommandé d’éviter la confrontation et de prévenir la police municipale, qui pourra vérifier ce qui se passe et déterminer si une infraction a été commise. La décision dépendra des circonstances précises.