Sa disparition du programme prive plusieurs établissements de Saragosse de cette plateforme de visibilité, alors qu’ils espéraient participer à l’événement. Une vitrine qui allait au-delà du podium et qui permettait de défendre le poids du petit commerce et de la mode locale au sein de l’un des principaux événements du secteur en Aragón.
« IL EST IMPORTANT QUE LES GENS DANS LA RUE NOUS VOIENT »
À un moment particulièrement délicat pour le commerce local, alors que de nombreux établissements sont contraints de baisser le rideau, la Aragón Fashion Week avait servi l’an dernier à « rendre le commerce visible ». C’est ce que revendique Begoña Abad, présidente de l’Association des entrepreneurs du secteur commercial Zona Centro de Saragosse, intégrée à ECOS, qui rappelle l’importance qu’avait eue le défilé comme vitrine pour les commerces de la ville. Cette année, cependant, la situation est très différente. « Nous sommes restés sur le seuil », déplore-t-elle.
« Il est important que les gens dans la rue voient les commerces où ils peuvent faire leurs achats », défend Abad. Cette visibilité permet également de montrer une mode plus diverse et représentative. C’est le cas de sa boutique, Skandalo Deluxe, qui mise sur l’accueil de différentes morphologies avec des vêtements allant jusqu’à la taille 54. « Le commerce local est ce qui donne vie aux rues », affirme-t-elle.
L’une des tenues ayant défilé l’an dernier lors du défilé « Commerces de mode » sur la plaza del Pilar pour l’AFW. Photo : Pilar Álvarez / Aragón Press
« Le handicap de ce type de commerces est que nous sommes multimarques ; toutefois, nous travaillons avec de bonnes marques », explique Abad. Loin de dévaloriser leurs propositions, cette caractéristique permet à ces établissements de réunir différentes enseignes et d’offrir à leurs clients une plus grande variété de vêtements et de styles.
UNE PERTE DE VISIBILITÉ POUR LES PETITS COMMERCES
« Les créateurs sont importants, c’est indéniable. Ils sont au début, mais les commerces, nous sommes aussi l’étape suivante », revendique Begoña Abad. La présidente de Zona Centro défend ainsi le rôle des boutiques comme maillon suivant de la mode, notamment pour les créateurs qui ne disposent pas de leur propre atelier et trouvent dans les établissements un espace où exposer leurs créations et les rapprocher du public.
« Nous allons aussi essayer d’aider le commerce qui est dans la rue au quotidien », rappelle Abad à propos de l’esprit dans lequel cette initiative est née. Le défilé des commerces a été organisé pour la première fois l’an dernier et, malgré un changement d’horaire de dernière minute qui avait déplacé l’événement à 14 heures, huit boutiques avaient pu présenter leurs propositions devant une plaza del Pilar bondée.
Begoña Abad, propriétaire de Skandalo Deluxe
Pour les établissements participants, ce défilé s’était traduit par quelque chose de difficile à obtenir pour le petit commerce : une visibilité directe auprès de milliers de personnes. « Ensuite, on vous dit : “Nous vous avons vus au défilé de la plaza del Pilar”, et rien que cela représente déjà beaucoup de retombées », souligne Abad. Une occasion de toucher de nouveaux clients dont les commerces ne bénéficieront plus cette année, en l’absence du défilé dans la programmation.