Susín a estimé que ces résultats constituaient le « premier véritable examen » de la Lomloe – Loi organique portant modification de la LOE –, en vigueur depuis 2021 et dont la mise en œuvre s’est achevée au cours de l’année scolaire 2023-2024. « Voilà ce qui arrive lorsque la gauche, qui pense que l’éducation est un jouet idéologique, se met à légiférer », a déclaré la responsable de l’Éducation, soulignant à plusieurs reprises que "le centre du système éducatif doit être l’apprentissage".
Les données dévoilées le 8 septembre font apparaître un recul des compétences des élèves aragonais de 15 ans, qui ont atteint certains des niveaux les plus bas de la série historique. « Ce n’est pas l’élève qui est évalué, mais le système qui l’éduque, et nous savions que les résultats allaient être désastreux ; la précédente édition avait déjà signalé une dégradation », a rappelé la conseillère.
« Le système éducatif aragonais subit les conséquences catastrophiques de la réforme imposée par le gouvernement de Pedro Sánchez, une réforme sectaire adoptée sans consensus et dans le dos de la communauté éducative », a déclaré Susín. « Nous parlons d’une chute libre provoquée par un modèle pédagogique défaillant », d’un « effondrement » qui témoigne d’une « perte d’excellence » et d’un « transfert préoccupant d’élèves vers les niveaux de faible performance ».
L’ARAGON PERD JUSQU’À 45,7 POINTS EN UNE DÉCENNIE
Les données par niveaux de performance constituent une autre source de préoccupation soulevée par le gouvernement d’Aragon. 32,3 % des élèves en mathématiques et 28,6 % en compréhension de l’écrit sont désormais relégués au niveau 1, le plus bas. À l’autre extrémité, les élèves excellents, classés au niveau 6, ne représentent que 0,6 % en mathématiques et 0,2 % en compréhension de l’écrit. Susín a regretté que ces données reflètent « une tendance incontestable au recul généralisé et à la perte d’excellence » des performances scolaires en Aragon au cours de la dernière décennie.
L’évolution des mathématiques montre l’un des reculs les plus importants. Au cours des dix années écoulées entre PISA 2015 et 2025, l’Aragon a perdu 38,3 points, contre 28,4 pour l’Espagne et 27,2 pour l’OCDE. Le score moyen aragonais s’est établi à 462,0 points en 2025, soit 24,9 points de moins qu’en 2022 (486,9) et bien loin des 500,3 points de 2015. Il s’agit du plus mauvais résultat enregistré depuis 2006, ce qui place l’Aragon à la huitième position au niveau national.
En compréhension de l’écrit, l’Aragon a encore davantage reculé. La baisse atteint 45,7 points depuis 2015, le score étant passé de son maximum de 506,4 à 460,7 points en 2025. La communauté occupe la septième place parmi les communautés autonomes dans cette compétence et son recul dépasse à la fois celui enregistré par l’Espagne (-44,2) et par l’OCDE (-31,6).
En sciences, le score a diminué pour atteindre 481,9 points, contre 499,5 lors de l’édition précédente. Depuis 2015, année où l’Aragon avait atteint 507,6 points, la perte cumulée s’élève à 25,7 points. La communauté s’est classée huitième, tandis que l’Espagne a perdu 15,7 points sur cette période et l’OCDE, 11,3.
Le gouvernement d’Aragon estime que ce recul a conduit la communauté à ses niveaux les plus bas de la série historique et a réduit l’avantage qu’elle conservait traditionnellement par rapport aux moyennes nationales et internationales. Pour Susín, la Lomloe a constitué « une attaque contre l’équité et l’effort ; voilà l’héritage laissé par la gauche ».
La conseillère a également défendu l’idée que ces résultats étaient la conséquence de l’élaboration d’« une loi sectaire et idéologisée, adoptée sans consensus », qui remplace la rigueur par la promotion automatique et dévalorise le mérite, une manœuvre qui décourage systématiquement l’effort chez les élèves.
L’ARAGON RÉVISERA LE CURRICULUM « DE FOND EN COMBLE »
Au-delà du diagnostic, le gouvernement aragonais a annoncé des mesures destinées à améliorer les compétences des élèves. Susín a assuré que la communauté ne renoncerait pas à une éducation « de qualité, digne et fondée sur les connaissances et l’effort » et a annoncé la prochaine création d’un groupe de travail composé de professionnels du secteur éducatif ayant une expérience en classe ainsi que des compétences en gestion et en évaluation du système.
Cette équipe aura pour mission de réviser « de fond en comble » le curriculum aragonais et la manière dont sont enseignées les matières fondamentales. Susín s’est également engagée à œuvrer à « une réduction drastique de la charge bureaucratique des enseignants », afin qu’ils puissent se consacrer « à ce qu’ils font le mieux : enseigner ».
La DGA travaillera également au cours de cette législature à la réorganisation de la charge de travail des établissements scolaires afin de l’adapter aux besoins réels d’apprentissage. Une future unité des données viendra s’y ajouter pour recueillir et analyser tous les indicateurs d’évaluation, afin que les décisions en matière de politique éducative, a déclaré Susín, soient prises « sur la base de la rigueur et de la science, et non selon des critères sectaires ».
Susín a également rappelé la réduction de 1,2 million d’euros opérée par Pilar Alegría lorsqu’elle était ministre de l’Éducation dans les fonds de coopération territoriale destinés à l’équité et à la lutte contre le décrochage scolaire, citant cet épisode comme un exemple de gestion « inefficace et dépourvue de planification à moyen terme ». Elle a aussi déploré que le gouvernement central ait permis à la Catalogne de tenter de « camoufler le désastre » des résultats obtenus au PISA, tandis que l’Aragon, comme d’autres communautés autonomes, fait ses devoirs et apporte des réponses.
Après l’analyse de ces résultats, l’engagement du gouvernement de Jorge Azcón est de travailler à « résoudre l’effondrement éducatif auquel le sanchisme nous a conduits ». « Face au démantèlement de l’académique auquel les lois socialistes nous ont menés, l’Aragon ne renoncera pas à une éducation de qualité, digne et fondée sur les connaissances et l’effort », a conclu Carmen Susín.