Parmi les principaux changements, les associations soulignent la suppression des incompatibilités entre les prestations et les services du Système pour l’autonomie et l’attention à la dépendance (SAAD), l’élargissement de son catalogue et la promotion de nouveaux modèles de soutien à la vie autonome. La réforme reconnaît également la téléassistance comme un droit et intègre des produits de soutien sous forme de prêt ou de mise à disposition temporaire, tout en renforçant l’accessibilité universelle pour les personnes.
Le président de Cocemfe, Anxo Queiruga, estime que cette adoption constitue une avancée pour l’ensemble du secteur social et souligne la valeur du consensus politique en matière de handicap. « Aujourd’hui est un jour important pour tout le secteur social », affirme-t-il, avant de défendre l’idée que ces avancées ne bénéficient pas uniquement aux personnes handicapées, mais représentent une amélioration pour toute la société, aujourd’hui comme à l’avenir.
AIDE PERSONNELLE ET ACCESSIBILITÉ, DEUX PILIERS DE LA RÉFORME
L’aide personnelle est l’un des éléments que Cocemfe Aragón considère comme essentiels pour rendre effectifs l’autonomie et le droit à une vie autonome. L’organisation se félicite que la réforme favorise ce dispositif, mais demande que son développement garantisse des soutiens personnalisés et adaptés à chaque personne, en particulier lorsque les besoins d’accompagnement sont importants, et que ceux-ci puissent être maintenus de manière stable.
Pour l’association aragonaise, la prochaine étape consiste à déployer concrètement l’aide personnelle, avec un financement suffisant et des conditions d’accès qui évitent les inégalités entre les territoires. Cocemfe Aragón défend l’idée que chaque personne doit disposer des soutiens nécessaires pour décider comment elle souhaite vivre et développer son propre projet de vie, sans que le manque de ressources ou de services ne limite ce choix dans la pratique.
La réforme modifie également la Loi sur la propriété horizontale afin de faire progresser l’accessibilité des immeubles résidentiels. Cocemfe Aragón considère cette amélioration comme positive, tout en estimant qu’elle ne répond pas entièrement à l’une de ses principales revendications : que les travaux nécessaires dans les parties communes soient pris en charge par les copropriétés et accompagnés d’aides publiques suffisantes pour pouvoir être réalisés.
ACCESSIBILITÉ, FISCALITÉ ET APPLICATION EFFECTIVE
L’accessibilité des logements reste, selon l’association, l’un des grands problèmes en suspens. Cocemfe Aragón rappelle que près de 100 000 personnes ne sortent jamais de leur domicile faute d’accessibilité et que 1,8 million ont besoin de l’aide d’une autre personne pour le faire. Elle réclame donc des mesures permettant d’éliminer les obstacles et de garantir une vie plus autonome à l’intérieur comme à l’extérieur du domicile, sans dépendre de tiers au quotidien.
Cocemfe Aragón et le mouvement associatif maintiennent également leurs revendications fiscales. Ils demandent notamment l’application d’une TVA réduite à 4 % aux produits et services nécessaires à l’autonomie personnelle des personnes handicapées et en situation de dépendance. La mesure a été proposée au cours de la procédure parlementaire, mais n’a pas été débattue au Congrès, son veto ayant été justifié par un impact budgétaire estimé à 144 millions.
Une fois la procédure parlementaire achevée, les associations mettent l’accent sur la transformation des nouveaux droits en soutiens réels. Elles demandent que les ressources destinées aux communautés autonomes soient versées rapidement, qu’un financement suffisant soit assuré et que l’application soit homogène sur l’ensemble du territoire. Queiruga résume le défi : faire en sorte qu’aucune personne ne voie son projet de vie limité par l’absence de soutiens, de services ou de ressources adaptés pour vivre.