Ce chiffre figure dans le rapport d’activité 2025 de Cáritas Aragón, publié ce lundi. Celui-ci montre que les situations de pauvreté et d’exclusion signalées à l’organisation sont de plus en plus liées à des problèmes structurels. Parmi ceux-ci, l’organisation souligne en particulier le logement, la perte de protection liée à l’emploi et la situation administrative irrégulière d’une partie de la population étrangère résidant dans la Communauté autonome.
Dans le seul cadre du programme d’Accueil et d’Accompagnement, 11 775 personnes ont été prises en charge au cours de l’année écoulée. Le logement représente environ la moitié des demandes d’aide financière, notamment pour les loyers, les factures ou l’équipement. Cáritas avertit que la hausse des prix oblige de nombreuses familles à consacrer une part plus importante de leurs revenus à leur logement et à laisser d’autres besoins essentiels insatisfaits.
LE LOGEMENT ET L’EMPLOI, PARMI LES PRINCIPAUX PROBLÈMES
L’organisation alerte également sur le fait que l’amélioration de certains indicateurs économiques ne profite pas de la même manière à l’ensemble de la population. Bien que le taux d’activité et les chiffres du chômage se soient améliorés en 2025, Cáritas estime que cela ne s’est pas nécessairement traduit par des emplois de meilleure qualité. Selon l’organisation, les salaires, la précarité et le prix du logement font qu’avoir un emploi ne garantit plus à lui seul d’échapper à une situation d’exclusion sociale.
L’emploi constitue précisément l’un des principaux axes d’action de l’organisation. Cáritas a consacré un peu plus de 6 millions d’euros à des programmes d’Emploi et d’Économie sociale, auxquels 2 690 personnes ont participé. Parmi elles, 775 ont accédé à un emploi grâce à des parcours d’insertion socioprofessionnelle, des centres spéciaux pour l’emploi et des entreprises d’insertion.
Autre donnée mise en avant dans le rapport : près de la moitié des personnes prises en charge se trouvaient en situation administrative irrégulière, une proportion qui, selon Cáritas, a augmenté au cours de la dernière décennie. L’organisation souligne que ce groupe présente un risque particulièrement élevé de pauvreté et d’exclusion et que, dans de nombreux cas, ses membres finissent par travailler dans l’économie informelle.
Le rapport replace également le problème dans un contexte plus large. Selon les données du dernier rapport FOESSA sur l’Aragon citées par Cáritas, environ 300 000 personnes, soit 22,9 % de la population aragonaise, vivent en situation d’exclusion sociale, malgré la croissance économique de la Communauté autonome. Le logement, la santé et l’emploi figurent parmi les principaux facteurs qui expliquent ces situations.
Derrière ce travail se trouvent également 1 991 bénévoles et 300 salariés, qui permettent à Cáritas de maintenir une présence dans une grande partie du territoire aragonais et de développer ses programmes d’accompagnement, d’emploi et d’aide aux personnes vulnérables.