Économie

L’Aragon se prépare à un éventuel cas de peste porcine africaine : voici la réponse prévue

L’Aragon reste exempt de peste porcine africaine, aucun cas n’ayant été détecté jusqu’à présent chez les sangliers sauvages ou dans les élevages porcins. Toutefois, l’importance stratégique du secteur porcin aragonais et la situation épidémiologique en Catalogne imposent une vigilance maximale et une anticipation de tous les scénarios possibles.
L’Aragon se prépare à un éventuel cas de peste porcine africaine : voici la réponse prévue

Dans cette optique, la conseillère à l’Agriculture, à l’Élevage et à l’Alimentation, Arancha Simón, et le conseiller à l’Environnement et au Tourisme, Luis Biendicho, ont présidé ce mardi une nouvelle réunion de la Table de prévention de la peste porcine africaine, organisée au siège du département de l’Agriculture. La réunion a permis d’analyser le projet de protocole d’intervention en cas de suspicion de peste porcine africaine en Aragon, un document qui servira de base pour définir et coordonner la réponse face à une éventuelle suspicion.

Le protocole est élaboré afin de préciser les canaux de communication, l’intervention des différents organismes et la coordination entre les services vétérinaires, environnementaux, d’urgence et de laboratoire. Simón a insisté sur le fait que le travail mené par le gouvernement d’Aragon répond à un principe de prévention et de responsabilité. « Nous voulons anticiper et faire en sorte que toutes les personnes et tous les services concernés sachent quoi faire dès le premier instant où une suspicion se présentera », a-t-elle souligné.

La conseillère a rappelé que la filière porcine constitue l’un des principaux secteurs économiques et agroalimentaires d’Aragon, avec une activité qui soutient des milliers d’emplois et s’avère essentielle pour de nombreuses communes rurales. « Travailler dans la prévention ne signifie pas semer l’alarme, mais protéger nos éleveurs, nos exploitations, notre industrie et nos exportations. Notre responsabilité est d’être prêts, même si nous espérons ne jamais devoir activer cette réponse », a-t-elle ajouté.

UNE RÉPONSE COORDONNÉE

Luis Biendicho a souligné la nécessité de maintenir une coordination permanente entre les secteurs de l’Agriculture et de l’Environnement, notamment pour tout ce qui concerne la surveillance de la faune sauvage et le contrôle de la population de sangliers. « La prévention contre la PPA exige une action conjointe. La surveillance du milieu naturel, la localisation d’éventuels cadavres, le prélèvement d’échantillons et le contrôle de la population de sangliers sont des éléments essentiels pour réduire les risques et protéger les élevages », a-t-il affirmé.

Le projet sera soumis aux contributions des membres du Comité d’experts pendant quinze jours. Une fois ces contributions analysées et intégrées, la rédaction définitive du document se poursuivra, avant son approbation. Ce document s’inscrit dans les travaux visant à compléter le plan d’urgence de l’Aragon contre la peste porcine africaine, actuellement en cours d’élaboration, et permettra de renforcer les mécanismes déjà établis par la réglementation européenne, nationale et régionale.

VISITE TECHNIQUE ET SIMULATION RÉGIONALE

Le travail se poursuivra dans les prochaines semaines avec une visite technique en Catalogne prévue à la fin du mois de septembre. Une délégation aragonaise se rendra dans la zone touchée afin d’observer sur le terrain l’organisation des opérations, la surveillance de la faune sauvage, la recherche et la gestion des cadavres, le prélèvement d’échantillons et la coordination entre les différents services. L’objectif est d’intégrer au protocole aragonais l’expérience acquise en Catalogne et de connaître les procédures qui se sont révélées les plus efficaces face à une situation réelle.

En outre, l’Aragon réalisera en octobre une simulation régionale qui permettra d’évaluer la capacité de réponse des services concernés, de mesurer les délais d’intervention et d’identifier les éventuels besoins d’amélioration face à une urgence sanitaire. Les différents organismes et services impliqués dans la réponse participeront à cet exercice, afin de vérifier que les canaux de communication, les équipements, le matériel et les procédures fonctionnent de manière coordonnée.

DES MESURES PRÉVENTIVES DÉJÀ EN VIGUEUR

L’Aragon ne part pas de zéro en matière de prévention de la PPA. La région dispose depuis décembre 2025 du décret-loi 7/2025 du 3 décembre, qui établit des mesures extraordinaires de surveillance, de contrôle de la population de sangliers, de gestion des cadavres et de biosécurité. La réglementation encadre la surveillance active et passive des sangliers, la déclaration obligatoire des découvertes au 112, l’enlèvement des cadavres par des équipes autorisées, le prélèvement d’échantillons, l’élimination sécurisée des restes et la mise en place de points réfrigérés pour la réception de la viande de gibier.

Elle prévoit également des aides financières pour favoriser la réduction de la population de sangliers, l’utilisation exceptionnelle de dispositifs de vision thermique, le recours à des systèmes de piégeage et la possibilité d’intensifier le contrôle de la population dans les territoires où cela s’avère nécessaire. La nouvelle Table permet de progresser à partir de ce cadre réglementaire vers une réponse coordonnée et adaptée aux caractéristiques de l’Aragon, avec la participation des administrations, des services techniques et des secteurs concernés.

Ont également participé à la réunion le directeur général de la Qualité et de la Sécurité alimentaire, Enrique Novales ; le directeur général de la Chasse et de la Pêche, Alberto Fernández Arias ; les chefs de cabinet de l’Agriculture et de l’Environnement, Santiago Escolano et Alejandro Martínez, respectivement ; la cheffe du service de la Santé animale, Elena Vallés ; et la cheffe du service de la Chasse et de la Pêche, Laura Yagüe.