Aragon

L’Aragon refuse de classer la centrale thermique d’Escucha comme bien d’intérêt culturel et propose d’en conserver une partie

Le gouvernement d’Aragon a refusé d’engager la procédure de classement de l’ancienne centrale thermique d’Escucha comme bien d’intérêt culturel (BIC), ainsi que sa protection comme bien catalogué ou inventorié. Cette décision fait suite à la demande présentée le 20 juin dernier par José Guitarte Gimeno, au nom de Teruel Existe.
L’Aragon refuse de classer la centrale thermique d’Escucha comme bien d’intérêt culturel et propose d’en conserver une partie

La Direction générale de la Culture et du Patrimoine culturel propose comme alternative que la mairie d’Escucha, en accord avec le propriétaire, conserve les éléments mobiliers et immobiliers qu’elle considère comme présentant le plus grand intérêt et les intègre au patrimoine minier qu’elle valorise déjà. La résolution propose également la création d’un jumeau numérique du complexe afin d’en préserver la mémoire sans devoir maintenir physiquement l’ensemble de l’installation.

LA CENTRALE DISPOSE D’UNE AUTORISATION DE DÉMOLITION

Repsol Generación Ciclos Combinados S.L.U., propriétaire de la centrale, a demandé le 8 septembre 2025 à la mairie d’Escucha une autorisation de travaux importants pour le démantèlement intégral du complexe. Le projet a été transmis à la Commission provinciale du patrimoine culturel de Teruel, qui n’a formulé aucune objection, considérant que l’immeuble ne bénéficiait d’aucune protection culturelle régionale.

Après avoir reçu la demande de protection de la centrale, la Culture a consulté la mairie d’Escucha sur la situation urbanistique du complexe. La municipalité a indiqué le 1er juillet que le Plan général d’urbanisme prévoyait la démolition complète et que l’autorisation avait été accordée le 4 juin. Cinq jours plus tard, le 6 juillet, la Direction générale de la Culture et du Patrimoine culturel a suspendu à titre conservatoire tous travaux ou activités sur les installations, le temps d’étudier l’opportunité d’engager la procédure de protection.

Par la suite, la communauté de Cuencas Mineras et la mairie d’Utrillas ont demandé à participer aux décisions et aux discussions liées à la centrale et à la récupération du patrimoine minier. De plus, Repsol a déposé le 30 juillet un recours hiérarchique contre la résolution conservatoire qui avait suspendu les opérations.

LE GOUVERNEMENT MET EN DOUTE LA VIABILITÉ DE LA CONSERVATION DU COMPLEXE

Parmi les motifs justifiant le rejet de la protection, la Direction générale souligne qu’aucune demande de classement n’a été présentée par la mairie d’Escucha, la communauté ou la députation provinciale de Teruel. La résolution considère en outre que la conservation de l’ensemble du complexe « peut hypothéquer l’évolution de la commune elle-même », en limitant son expansion sur plusieurs secteurs de son territoire municipal, et ajoute qu’« il est essentiel de tenir compte de l’opinion de la commune elle-même, qui s’est clairement exprimée en accordant l’autorisation de démolition du complexe ».

L’exécutif aragonais avertit également que le bâtiment nécessite des interventions urgentes sur sa structure et qu’il contient des éléments polluants dont le retrait doit être effectué par des entreprises spécialisées. À cela s’ajoute, selon la résolution, l’absence d’un plan concret pour garantir son avenir : « Le problème fondamental réside dans le fait que la proposition de classement n’est accompagnée d’aucun projet de viabilité du complexe élaboré, soutenu et coordonné par une quelconque administration. »

La Direction générale estime qu’une mesure de protection ne garantirait pas non plus, à elle seule, la conservation de l’immeuble. En l’absence d’un projet d’intervention, précise-t-elle, « le classement pourrait ouvrir une période d’inactivité sur le complexe qui accélérerait sa détérioration » à l’avenir, pendant l’élaboration du projet et la recherche des financements, qui ne sont pas garantis, nécessaires à sa réalisation.

CONSERVER LES ÉLÉMENTS PRÉSENTANT LE PLUS GRAND INTÉRÊT

La résolution reconnaît la valeur historique et sociale de la centrale thermique d’Escucha, tout en considérant que « ses qualités architecturales sont moins évidentes, car elles sont soumises à une appréciation subjective et ne font pas l’objet d’un consensus technique général ».

Pour cette raison, la Culture préconise de préserver uniquement les éléments mobiliers et immobiliers que la mairie d’Escucha et le propriétaire considéreront comme présentant un intérêt particulier, et de les intégrer aux initiatives culturelles et patrimoniales déjà existantes autour du patrimoine minier. Elle propose également de documenter numériquement le complexe au moyen d’un jumeau numérique.

La Direction générale conclut que protéger l’ensemble des installations sans disposer d’un projet viable serait « irresponsable », car « loin de résoudre le problème, cela ne ferait que le reporter à moyen et long terme, en compromettant le développement futur de la commune d’Escucha ».