La marche est partie à midi de la plaza de las Canteras et a traversé le quartier de Torrero jusqu’aux terrains où l’entreprise technologique prévoit de construire son centre de données. Les organisateurs y ont lu un manifeste commun. Comme l’a expliqué Gracia Gómez, représentante de la plateforme, les Pinares de Venecia font l’objet d’une double agression : la construction du futur centre de données de Microsoft dans la plaine de Torrero et le nouveau projet d’urbanisation des environs du parc d’attractions.
La plateforme a profité de la manifestation pour demander que les responsables politiques de la mairie de Saragosse et du gouvernement d’Aragon rendent des comptes. Gómez a déclaré : "Nous demandons la démission des deux représentants des deux niveaux de gouvernement. D’une part, la maire Chueca, pour ce qui se passe avec la gestion du parc d’attractions, qui ne peut pas être plus déplorable, et d’autre part, le président d’Aragon, qui se comporte comme un véritable irresponsable".
"ILS NE DÉVELOPPENT RIEN"
Pour la plateforme, le discours sur le développement économique qui accompagne l’arrivée de ces infrastructures ne correspond pas à la réalité. "Ils ne viennent rien développer, au contraire, ils viennent piller les ressources de l’Aragon", a déclaré Gómez. Un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années partageait ce sentiment parmi les manifestants. "Nous sommes totalement opposés à ces infrastructures si préjudiciables, car elles polluent énormément et augmentent la température de la ville", a déclaré Mónica, une jeune femme du groupe qui avait appris l’existence de la mobilisation sur les réseaux sociaux.
La plateforme a insisté sur le fait que le conflit ne se limitait pas à la capitale aragonaise. Gómez a expliqué : "Trois centres de données fonctionnent déjà, mais une trentaine d’autres sont prévus, dans différents villages d’Aragon, comme Calatorao ou Botorrita". Mónica a souligné que ces installations arrivaient dans un monde rural aragonais qui fait déjà face à une situation critique : "Dans le monde rural, les services de base font déjà défaut, alors il ne faudrait pas en plus dépenser des ressources essentielles comme l’eau potable".