Cette mobilisation rejoint ainsi le campement lancé à Sol, à Madrid, après l’expulsion de Maricarmen, et qui s’est étendu à plusieurs villes pour manifester également leur rejet des nouveaux décrets adoptés par le Conseil des ministres, jugés « insuffisants ». Pour Paula, l’une des porte-parole du syndicat Inquilinas, il s’agit d’un « décret édulcoré », qui ne suspend pas toutes les expulsions, mais seulement « certains cas », et « pendant un certain temps » ; il ne répond donc pas à leur revendication finale, qui est « la fin de toutes les expulsions ».
Ils ont donc demandé une « baisse radicale des prix », affirmant que, dans certaines zones, les prix ont augmenté de « 80 voire 100 % » au cours des dix dernières années. « Ils devraient au minimum être divisés par deux », a-t-elle insisté. Ils ont également exigé que les logements détenus par les « fonds vautours » soient expropriés et mis au service « des besoins de la majorité de la population ». « Nous savons qu’il y a énormément de logements vacants et touristiques entre les mains des banques et des grands propriétaires. Il faudrait les exproprier », a-t-elle ajouté.
JUSQU’À 100 TENTES INSTALLÉES
Le syndicat Inquilinas est à l’origine du rassemblement. Paula a dressé un bilan « très positif » de cette première nuit. La porte-parole estime qu’après l’annonce du campement vers 21 heures, « une soixantaine de tentes » avaient déjà été installées sur la place d’Espagne dans les premières heures, avant que le nombre de personnes campant sur place n’atteigne une centaine.
Pour Paula, cela témoigne d’« une réaction exemplaire et très rapide » et montre que « les gens avaient très envie de camper, de se retrouver et de lutter ». Vendredi matin, « environ 80 » tentes étaient toujours installées. Tout cela malgré la pluie, ce qui est pour la porte-parole d’Inquilinas le signe que « les gens sont très convaincus par la lutte, qu’ils en ont assez que le logement soit un business et qu’ils veulent y mettre fin ».
Les tentes ont été installées jeudi, mais elles resteront en place, insistent les manifestants, « aussi longtemps que nécessaire ». L’objectif est de maintenir le campement au moins jusqu’à samedi prochain, jour où une grande manifestation est prévue dans l’après-midi, sur la place Santo Domingo. « Nous voulons que le campement permette de construire cette manifestation pour qu’elle soit la plus massive possible », a expliqué Paula.
Le syndicat reste également en contact avec d’autres campements « pour voir comment ils évoluent ». Ils ont ainsi exigé « une solution immédiate » et averti que le campement « pourrait prendre d’autres formes de mobilisation », qui seront évaluées au fil du temps.