Société

Près de 3 000 personnes victimes d’un AVC chaque année en Aragon : des séquelles pas toujours visibles

Survivre à un AVC ne signifie pas toujours retrouver la vie d’avant. Chaque année, près de 3 000 personnes en sont victimes en Aragon et, pour beaucoup, les conséquences persistent bien après leur sortie de l’hôpital : troubles de la mémoire, difficultés à parler, fatigue, perte d’autonomie ou problèmes pour reprendre le travail.
Près de 3 000 personnes victimes d’un AVC chaque année en Aragon : des séquelles pas toujours visibles

À l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, célébrée le 29 octobre, l’Association AVC d’Aragon (AIDA) a souhaité mettre précisément l’accent sur ces « séquelles invisibles » qui conditionnent la vie quotidienne des personnes ayant survécu à un AVC et de leurs familles.

Selon la Stratégie nationale de santé consacrée à l’AVC, près d’un tiers des personnes qui y survivent présentent des séquelles susceptibles d’entraîner une dépendance fonctionnelle. Aux limitations physiques peuvent s’ajouter des troubles cognitifs, des problèmes de concentration, des changements émotionnels ou des difficultés de communication.

RECOUVRER SA VIE APRÈS UN AVC

Les spécialistes insistent sur le fait que la récupération ne s’achève pas avec la prise en charge hospitalière. Le neurologue Carlos Tejero a expliqué que ces conséquences peuvent affecter l’autonomie, les relations personnelles, la vie familiale et le retour au travail, obligeant souvent à revoir son projet de vie.

C’est pourquoi l’AIDA revendique une prise en charge pluridisciplinaire combinant soins médicaux, rééducation, soins infirmiers et accompagnement social. L’objectif n’est pas uniquement de récupérer des capacités, mais d’aider les personnes touchées à reprendre leur place dans leur environnement et à conserver la plus grande autonomie possible.

La prévention et la rapidité d’intervention restent essentielles. Une faiblesse soudaine au niveau d’un bras ou d’une jambe, une déviation de la bouche, des difficultés à parler ou une perte brutale de la vision sont autant de signes qui doivent conduire à appeler immédiatement le 061. « Le temps, c’est du cerveau », rappellent les spécialistes : plus l’intervention est rapide, plus les chances de réduire les dommages et les séquelles sont élevées.

TRAVAIL SOCIAL : ACCOMPAGNER LA RECONSTRUCTION DE LA VIE

L’un des aspects sur lesquels l’AIDA a le plus insisté cette année concerne la nécessité de prendre en charge les conséquences sociales de l’AVC. Après la sortie de l’hôpital, de nombreuses familles sont confrontées à des changements dans leur vie quotidienne, à une perte d’autonomie, à de nouvelles responsabilités liées aux soins, à l’incertitude professionnelle ou à des difficultés pour accéder aux ressources disponibles.

Ruth Ambrós, assistante sociale de l’AIDA, a expliqué que le travail social joue un rôle fondamental dès le premier accueil, grâce à l’écoute, à l’évaluation des besoins, au conseil et à l’accompagnement. "Après un AVC, de nombreuses personnes et familles doivent réorganiser leur vie. Notre travail ne consiste pas uniquement à informer sur les aides ou à effectuer des démarches, mais à les accompagner dans ce processus et à faciliter les soutiens qui leur permettront de retrouver la plus grande autonomie possible", a expliqué Ruth Ambrós.

Au sein de l’AIDA, le service de travail social propose des conseils sur la dépendance, le handicap, les prestations et les aides, l’adaptation aux nouvelles situations professionnelles et les ressources de soutien. Il accompagne également les familles et les aidants, qui doivent souvent faire face à d’importants changements et à des situations d’épuisement émotionnel.

Ambrós a également souligné l’importance de la coordination avec l’équipe de neurorééducation, en intégrant la situation sociale et familiale de chaque personne aux objectifs de récupération. "Il ne s’agit pas seulement de récupérer des capacités, mais de permettre aux personnes de reprendre leur place dans la société, de maintenir leurs relations et de reconstruire leur projet de vie. La rééducation et l’accompagnement social doivent aller de pair", a-t-elle déclaré.

À propos de cet article : Initialement publié en espagnol par AragonDigital.es, cet article a été sélectionné par nos journalistes avant d’être mis à la disposition du public international d’AragonDaily.com. Les deux journaux appartiennent à des sociétés du groupe ARAGON DIGITAL GROUP.