Le mois d’octobre marque le retour des grèves dans le secteur de la santé. À la grève illimitée des médecins, qui, après une trêve estivale, reprendra le 28, s’ajoute celle des Techniciens supérieurs sanitaires, qui ont annoncé vouloir faire entendre leur voix à partir du 13 octobre face à « 19 années de manquements, de manque de reconnaissance et d’absence de solutions réelles ».
La grève a été convoquée au niveau national, y compris en Aragon, par le Syndicat national des Techniciens supérieurs sanitaires (SIETeSS). Le comité de grève affirme que la reprise des arrêts de travail est due au fait qu’ils assurent depuis « trop longtemps » des services essentiels du système de santé « sans la reconnaissance professionnelle, salariale et académique qui nous revient ». Selon eux, la situation « ne peut plus souffrir de nouveaux retards ».
De leur côté, ils adressent également leurs revendications au ministère des Finances et de la Fonction publique, qu’ils accusent de « ne pas respecter la loi ». Ils dénoncent leur classement professionnel dans le groupe B, prévu pour les titulaires du diplôme de Technicien supérieur, mais qui « continue de ne pas être appliqué efficacement à notre collectif, alors que cette disposition légale existe depuis l’adoption du Statut de base des agents publics en 2007 ».
ILS POURSUIVRONT « TANT QU’IL N’Y AURA PAS DE RÉPONSE RÉELLE »
Le comité de grève a assuré que les mobilisations se poursuivraient « tant qu’il n’y aura pas de réponse réelle, sérieuse et assortie d’engagements concrets » de la part des administrations compétentes. Il a également souligné que la Commission pour le grade maintenait sa « volonté de dialoguer », mais exigeait que celui-ci soit « immédiat, sérieux et assorti d’engagements concrets ».
Pour le comité, la grève illimitée « n’est pas le début d’un conflit », mais la conséquence de « plusieurs années de manquements ». Il a souligné que, lors de son appel à la grève en mai, le collectif avait déjà démontré qu’il était « uni, ferme et déterminé à défendre sa dignité professionnelle ». Lors de cette mobilisation, a-t-il ajouté, il réclamait « justice, reconnaissance et avenir pour les Techniciens supérieurs sanitaires ». Désormais, a-t-il conclu, « nous franchissons une étape supplémentaire ».
LES MÉDECINS REPRENDRONT LA GRÈVE ILLIMITÉE LE 28 OCTOBRE
Les Techniciens supérieurs sanitaires ne seront pas le seul collectif à se mobiliser ce mois-ci. Les médecins et les praticiens entameront une grève illimitée nationale à partir du 28 octobre pour protester contre le projet de loi sur le Statut-cadre, approuvé par le gouvernement le 1er septembre dernier. Cet appel marque une intensification du conflit, alors que le texte est examiné par le Congrès des députés.
Les syndicats de médecins estiment que la réforme proposée par le ministère de la Santé ne répond pas à leurs revendications historiques et ne reconnaît pas suffisamment la singularité, la responsabilité ainsi que les conditions de formation et d’exercice des praticiens. Après plusieurs mois de mobilisations, ils demandent au ministère d’ouvrir des négociations afin d’avancer vers un Statut médical et des praticiens spécifique, qui tiendrait compte des particularités de la profession.
L’appel sera lancé par le comité de grève composé de la CESM, de la SMA, de Metges de Catalunya, d’Amyts, du SME et d’O'MEGA. Il bénéficiera également du soutien de l’Union médicale et des praticiens (UMYF), qui regroupe Metges de Catalunya, Amyts, O'MEGA, Simega, le Sindicato Médico Avanza, le Sindicato Médico de Navarra et Semca. Les syndicats restent disposés à négocier, mais demandent au ministère de la Santé « une véritable négociation » permettant d’examiner leurs revendications.