Société

La chaleur propulse la pollution à l’ozone en Aragon à son plus haut niveau depuis 2010

Les quatre vagues de chaleur enregistrées cet été ont propulsé la pollution à l’ozone en Aragon à ses niveaux les plus élevés depuis 2010. C’est ce que révèle le rapport annuel d’Ecologistas en Acción, qui analyse les données des stations officielles de mesure entre janvier et septembre et alerte sur une forte aggravation par rapport aux années précédentes.
La chaleur propulse la pollution à l’ozone en Aragon à son plus haut niveau depuis 2010

L’étude a été réalisée à partir des informations de près de 500 stations réparties en Espagne, dont 20 se trouvent en Aragon. L’ozone troposphérique se forme par la combinaison d’autres polluants en présence de rayonnement solaire et est particulièrement associé aux mois de printemps et d’été, lorsque les températures et l’ensoleillement favorisent son accumulation.

L’année 2026 a réuni, selon l’organisation, des conditions particulièrement propices à ce phénomène. À un printemps très chaud s’est ajouté l’été le plus torride depuis au moins un siècle et demi, marqué par quatre vagues de chaleur intenses et de nombreux incendies de forêt en juillet et en août, des circonstances qui ont favorisé la formation d’ozone.

L’OZONE ATTEINT EN ARAGON SES NIVEAUX LES PLUS ÉLEVÉS DEPUIS 2010

Les niveaux enregistrés cette année ont été les plus élevés en Aragon depuis l’entrée en vigueur des limites légales actuelles en 2010. Ecologistas en Acción estime à 53 % l’augmentation des dépassements de l’objectif légal de protection de la santé par rapport à la moyenne enregistrée entre 2012 et 2019, avant la pandémie.

En prenant comme référence les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, le rapport conclut que la pollution à l’ozone a affecté l’ensemble de la population aragonaise en 2026. Toutefois, aucune population exposée au-delà de l’objectif légal actuellement en vigueur n’a été détectée, celui-ci fixant des niveaux moins exigeants que les directives sanitaires de l’OMS.

La situation change avec l’application du nouvel objectif légal approuvé par l’Union européenne pour 2030. Les Pyrénées et la vallée de l’Èbre n’ont pas respecté ce seuil dans au moins une station au cours de la période 2024-2026. Ces deux zones regroupent près d’un demi-million d’habitants, soit environ un tiers de la population de l’Aragon.

ILS RÉCLAMENT UN PLAN POUR RÉDUIRE LA POLLUTION À L’OZONE

Ecologistas en Acción considère qu’une part importante de la pollution qui affecte ces zones provient des émissions du trafic de Saragosse et des principales routes de la vallée de l’Èbre. L’organisation réclame donc au gouvernement d’Aragon l’élaboration urgente d’un plan régional d’amélioration de la qualité de l’air liée à l’ozone, attendu depuis des années.

L’organisation alerte également sur les conséquences sanitaires associées à ce polluant. Selon les données de l’Agence européenne pour l’environnement citées dans le rapport, l’exposition à l’ozone serait liée à jusqu’à 300 décès par an en Aragon, avec un risque particulier pour les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de maladies cardiorespiratoires.

Parmi les mesures proposées figurent la réduction du trafic motorisé, la promotion des économies d’énergie, la limitation des émissions industrielles et la mise en place de mesures fiscales dissuasives pour les véhicules diesel. L’organisation propose également d’encadrer le développement des énergies renouvelables et d’instaurer un moratoire sur les nouvelles mégaporcheries, afin de réduire les polluants qui interviennent dans la formation de l’ozone.

À propos de cet article : Initialement publié en espagnol par AragonDigital.es, cet article a été sélectionné par nos journalistes avant d’être mis à la disposition du public international d’AragonDaily.com. Les deux journaux appartiennent à des sociétés du groupe ARAGON DIGITAL GROUP.