Société

Biométhane en Aragon : plus de 90 projets et aucune usine en fonctionnement

L’Aragon a l’occasion de transformer les déchets de son élevage en énergie renouvelable, mais doit encore surmonter plusieurs obstacles. La région concentre 10,8 % du potentiel national de biométhane, sans disposer pour l’instant d’aucune usine en fonctionnement. L’accélération des procédures, les garanties environnementales et la confiance des riverains figurent parmi les défis du secteur.
Biométhane en Aragon : plus de 90 projets et aucune usine en fonctionnement

Cette situation était au cœur de la journée organisée ce mercredi à Saragosse par le Clúster de l’Énergie d’Aragon (Clenar), avec la collaboration de Redexis Renovables et de CIRCE. La rencontre a réuni une centaine de professionnels, des représentants des administrations et des entreprises afin d’analyser les moyens de promouvoir ce gaz renouvelable, produit à partir de matières organiques et capable de remplacer le gaz naturel.

UN POTENTIEL POUR COUVRIR PRESQUE TOUTE LA DEMANDE DE GAZ

L’Aragon est la quatrième communauté autonome présentant le plus grand potentiel de production, selon les données présentées par Javier Rubio, directeur général de l’Association espagnole du biogaz (AEBIG). Les estimations font état d’une capacité équivalente à 238 unités et de plus de 90 projets à différents stades de développement. Si l’ensemble des ressources disponibles était exploité, il serait possible de couvrir environ 96 % de la demande actuelle de gaz naturel en Aragon.

L’élevage serait la principale source de matières premières : près de 80 % des ressources destinées à alimenter les futures installations proviendraient des lisiers et du fumier, en raison du poids de cette activité et, en particulier, de l’élevage porcin. Malgré ces possibilités, l’Aragon ne possède toujours aucune unité opérationnelle, tandis que l’Espagne en compte plus de 30 et que l’Europe en totalise environ 1 975, selon les chiffres présentés lors de la journée.

DES PROCÉDURES PLUS RAPIDES ET LA CONFIANCE DES RIVERAINS

Les entreprises ont réclamé une sécurité juridique et une plus grande rapidité administrative pour développer les installations. Fernando Cortina, responsable de la réglementation chez Redexis, a indiqué que certains projets restaient paralysés malgré l’achèvement des procédures requises. Il a également précisé que le projet de décret royal destiné à promouvoir le biométhane se trouvait dans la phase finale de son examen. De son côté, le directeur général de Redexis Renovables, Miguel Mayrata, a demandé des règles stables et une résolution rapide des dossiers, avec les garanties environnementales correspondantes.

L’acceptation par les riverains a également constitué l’un des thèmes centraux. Isabel Martín Ramos, responsable de l’impact social chez Vinces, a défendu la nécessité de fournir à la population des informations précoces, compréhensibles et vérifiables. Parmi les mesures proposées figurent des plans de contrôle des odeurs et du trafic, des canaux de communication ainsi que des commissions locales de suivi. Pour sa part, CIRCE a présenté des outils permettant de tester virtuellement différents mélanges de déchets, d’anticiper les problèmes de fonctionnement et d’étudier la dispersion des odeurs.

La rencontre a également présenté des expériences comme celle d’Alcarràs Bioproductors, qui regroupe 150 familles d’éleveurs ayant uni leurs efforts pour construire une unité de biogaz. La journée se poursuivra ce jeudi par une visite technique de l’installation de biométhane de Redexis Renovables à Almazán, à Soria, où les participants pourront découvrir comment les sous-produits organiques sont transformés en gaz renouvelable et comment une unité s’intègre dans son environnement.

À propos de cet article : Initialement publié en espagnol par AragonDigital.es, cet article a été sélectionné par nos journalistes avant d’être mis à la disposition du public international d’AragonDaily.com. Les deux journaux appartiennent à des sociétés du groupe ARAGON DIGITAL GROUP.