Cette proposition a été présentée par Izquierda Unida, dont la porte-parole Marta Abengochea a averti qu’une « bulle » était en train de se former, comme cela s’était produit avec les énergies renouvelables. Elle a donc demandé de prendre le temps de réfléchir aux bénéfices et aux préjudices qu’elle entraîne. À cet égard, elle a rappelé qu’à l’arrivée des trois premiers centres de données, 1 000 emplois directs avaient été promis, alors qu’une fois en fonctionnement, ils ne dépassent pas 200, contre les 1 000 annoncés.
Abengochea a critiqué le fait que les PIGA soient traités « à la carte », en privilégiant les intérêts des entreprises, tandis que des moratoires sont encouragés dans d’autres régions du monde. Elle a donc demandé que cette initiative soit adoptée, afin de créer un espace où tous les types d’acteurs puissent intervenir.
LE PP ET VOX DÉFENDENT LE TRAVAIL ACCOMPLI
Les deux formations qui composent le gouvernement ont voté contre. Leur député, Juan Pablo Artero, a critiqué Pedro Sánchez après que celui-ci a déclaré lundi dernier qu’il déroulait le « tapis rouge » aux centres de données, tout en brandissant la « carte rouge » avec le décret élaboré pour les filtrer.
Selon lui, ce cynisme du président espagnol s’est transmis à l’opposition des Cortes : « Ils veulent seulement condamner le développement de l’Aragon ». Il a donc défendu l’idée que la région consomme sa propre énergie au lieu de la laisser partir vers d’autres communautés pour des projets technologiques comme celui que le gouvernement espagnol met en œuvre à Tarragone.
De son côté, le parlementaire de Vox, Vidal Giménez, a affirmé que cette commission était « un train déjà passé », puisque la supervision de ces projets est déjà assurée par le gouvernement d’Aragon. « Créer un deuxième organisme ne fait que doubler le travail et réduire les ressources. »
Le député de Vox a défendu l’idée que la consommation d’eau était minime par rapport à la capacité des bassins d’Aragon et a ajouté qu’elle était encore réduite par les circuits fermés. Il a également critiqué le « goulot d’étranglement » que représente le manque d’investissement du gouvernement espagnol dans le réseau électrique.
L’OPPOSITION DÉNONCE LE MANQUE DE TRANSPARENCE
En revanche, l’opposition a voté en faveur du texte, rappelant qu’une commission similaire avait été approuvée avant la fin de la précédente législature, mais qu’elle n’avait pas pu être mise en place en raison de la convocation d’élections régionales.
Le député du PSOE, Carlos Dueso, a fait référence au dernier rapport de la Fundación Basilio Paraíso : sur les 70 milliards d’euros annoncés, seuls 30 milliards sont enregistrés dans les différents PIGA et DIGA, tandis que seulement 13,9 % des entreprises aragonaises utilisent l’intelligence artificielle : « Nous installons la prise et d’autres en profitent ». Il a également appelé à organiser la cohabitation de ces infrastructures technologiques avec les communes au moyen d’un fonds de retour.
Le député de la CHA, Jaime Angós, a reproché à la DGA de « se réfugier derrière l’activité économique dans ses annonces, avec un impact plus que raisonnable » et a dénoncé le caractère « opaque » de la procédure. « Ce sont des projets de plusieurs milliards d’euros et, pour cette raison, ce sont des décisions qui peuvent conditionner le modèle productif et énergétique de l’Aragon au cours des prochaines décennies », a-t-il déclaré.
Pour Teruel Existe, Tomás Guitarte a souligné les nombreuses interrogations et l’opacité concernant la quantité d’eau et d’électricité qui sera consommée, ainsi que les répercussions de ces projets. Il a également exigé que soit précisé qui serait prioritaire en cas de sécheresse et a rappelé que la commission avait déjà été approuvée lors de la précédente législature, mais qu’elle n’avait pas pu être mise en place en raison des élections précédentes.