Politique

La CHA demande de suspendre les nouveaux centres de données en Aragon jusqu’à l’élaboration d’une planification

La Chunta Aragonesista réclame une réglementation renforcée de l’implantation des centres de données en Aragon face à la multiplication de ces projets dans la région. La formation juge la proposition réglementaire portée par le gouvernement espagnol « peu ambitieuse » et « peu concrète » pour répondre à des enjeux comme la consommation d’eau et d’énergie, l’occupation des territoires, les retombées économiques ou la souveraineté numérique.
La CHA demande de suspendre les nouveaux centres de données en Aragon jusqu’à l’élaboration d’une planification

Le projet de décret royal du gouvernement central, dont la période de consultation publique s’est achevée en septembre, a fixé des exigences de durabilité pour ces installations et prévu, entre autres mesures, des critères liés à l’efficacité hydrique et énergétique ainsi qu’à la souveraineté numérique. La CHA estime toutefois que la réglementation devrait aller plus loin et préciser également comment et où ces infrastructures peuvent être implantées.

LA CHA DÉFEND À NOUVEAU UN MORATOIRE

La formation a de nouveau défendu un moratoire sur les nouveaux centres de données en Aragon, déjà proposé aux Cortes, jusqu’à l’élaboration d’une planification préalable garantissant une utilisation durable de l’énergie et de l’eau, une plus grande transparence et des retombées pour le territoire. La CHA a demandé au gouvernement de Jorge Azcón d’établir ces règles avant de continuer à autoriser des projets et a critiqué le fait que leur développement soit principalement conditionné par les décisions des grandes entreprises technologiques.

Parmi ses principales préoccupations figure l’énergie nécessaire pour approvisionner ces installations. Selon les estimations présentées par la CHA, si les 33 projets de centres de données que la formation affirme avoir été proposés en Aragon venaient à être réalisés, la production d’énergie renouvelable nécessaire aurait un impact territorial important. Elle a donc proposé d’élaborer une carte identifiant les zones qui supportent déjà une forte concentration de projets et de définir des secteurs où de nouvelles installations ne pourraient pas être autorisées, en fonction des ressources disponibles et de critères environnementaux.

DISTANCES, BRUIT ET SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE

La CHA a également proposé d’instaurer une réglementation spécifique pour les terrains destinés aux centres de données, prévoyant notamment des distances minimales par rapport aux zones urbaines, aux secteurs résidentiels et aux espaces naturels périurbains. La formation a aussi demandé d’évaluer le bruit continu généré par ces installations, leur éventuel effet d’îlot de chaleur ainsi que le traitement des déchets électroniques au moyen de plans de recyclage et de récupération des matériaux.

La souveraineté numérique constitue un autre axe de ses propositions. La Chunta a demandé de donner la priorité aux équipements et aux logiciels conçus ou fabriqués dans l’Union européenne et a appelé à renforcer les contrôles afin d’éviter les transferts de données hors du territoire communautaire. Elle a également réclamé davantage de moyens humains et matériels pour garantir le respect effectif de ces exigences.

DAVANTAGE DE TRANSPARENCE ET DE RETOMBÉES POUR L’ARAGON

La formation a également demandé que la consommation réelle d’eau et d’énergie de ces installations soit publiée de manière transparente et que leurs effets économiques soient analysés. Elle a aussi proposé de définir des indicateurs concernant l’emploi, la réutilisation de la chaleur ou la consommation d’eau afin d’évaluer les bénéfices sociaux des projets. La CHA a lié ces revendications au rejet apparu dans plusieurs secteurs d’Aragon face à des projets situés à proximité d’habitations et d’espaces naturels.

La CHA a assuré que sa position ne constituait pas un rejet de la numérisation ni de l’innovation, mais du modèle selon lequel ces infrastructures ont, à ses yeux, été implantées. La formation a défendu un développement des centres de données soumis à une planification territoriale et environnementale, à la sécurité de l’approvisionnement électrique ainsi qu’à des retombées économiques et sociales pour l’Aragon, notamment au regard de la consommation de ressources que ces projets peuvent nécessiter.

À propos de cet article : Initialement publié en espagnol par AragonDigital.es, cet article a été sélectionné par nos journalistes avant d’être mis à la disposition du public international d’AragonDaily.com. Les deux journaux appartiennent à des sociétés du groupe ARAGON DIGITAL GROUP.