Cette pièce symphonique sera dévoilée le 2 octobre lors de sa création mondiale à Saragosse, plus précisément à l’occasion d’un concert dans la salle Mozart de l’Auditorium de Saragosse à partir de 19 h 30. Au total, 110 musiciens de l’Orchestre classique de Santa Cecilia et la soprano aragonaise Sabina Puértolas seront chargés de donner une musique à la figure et à l’œuvre de Goya. Ils seront dirigés par une personnalité de renom, le directeur de l’Orchestre philharmonique de Londres, Grzegorz Nowak.
La symphonie est divisée en quatre mouvements et dure 47 minutes. Les silences attirent l’attention : l’œuvre en est truffée, avec un total de 15 000, soit autant que Goya en a entendus pendant 35 ans. « Quand on m’a proposé de réaliser une œuvre de cette envergure, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est comment j’allais aborder la figure de Goya, et je suis allé au Prado. Là, je suis littéralement tombé de haut », a expliqué en riant le compositeur Joan Valent.
Le compositeur, qui a reçu deux Grammy Awards pour ses travaux aux côtés de Montserrat Caballé, assurait que la surdité avait été le « fil conducteur » de l’œuvre. « J’ai découvert le profil humain de Goya et quelque chose m’a fasciné : la manière dont le monde résonnait pour quelqu’un qui le peignait mais ne pouvait pas l’entendre. L’univers de la surdité m’a passionné. C’est à partir de là qu’il commence à créer Les Caprices, puis Les Peintures noires, Les Désastres... », a-t-il assuré. De fait, l’œuvre commence par un son très particulier : l’acouphène. Il s’agit de ce son continu qui ressemble à un sifflement et que perçoivent, paradoxalement, les personnes qui ne peuvent pas entendre. « Cela nous rappelle que ce monde existait et que tout cela se produisait alors qu’il ne pouvait rien entendre ».
« UNE ŒUVRE ACCESSIBLE »
Le chef d’orchestre Grezgorz Nowak assurait être resté « perplexe » lorsqu’il a décidé de se plonger dans la vie et l’œuvre de Goya pour diriger l’orchestre qui interpréterait la symphonie. « Ce qui m’a le plus plu lorsque j’ai écouté la pièce, c’est qu’il s’agit d’une œuvre d’art accessible. Elle ne s’adresse pas aux érudits ni aux experts, mais c’est quelque chose que tout le monde peut écouter et admirer », déclarait le chef d’orchestre.
Ainsi, après le concert qui la dévoilera le 2 octobre (les billets sont déjà en vente), la symphonie se rendra à l’Auditorium national de Madrid le 5 octobre. Dès le lendemain, le 6 octobre, elle sera disponible et accessible à tous sur YouTube, Spotify et les plateformes numériques.
« Nous sommes face à l’un des événements les plus importants du 150e anniversaire de la Fondation Ibercaja. Une création mondiale n’arrive pas tous les jours, pas plus qu’une symphonie qui n’existait pas auparavant, et il s’agit d’un événement culturel de premier plan qui va se dérouler ici. Il est émouvant de penser que Goya, qui a vécu une grande partie de sa vie dans le silence, a désormais de la musique. Une musique qui perdurera dans le temps », a déclaré le directeur général de la Fondation Ibercaja, José Luis Rodrigo.