Assis sur des chaises pliantes de camping, les dessinateurs profitaient du paysage de la ville en petits groupes tout en essayant de le reproduire sur le papier, chacun à sa manière. C’est le cas d’Antonio, venu de Murcie avec deux amies pour dessiner l’une des tours de la basilique du Pilar depuis la perspective de la rue Alfonso. « Ces rencontres sont très agréables, nous profitons vraiment beaucoup de la ville », expliquait le dessinateur, qui appréciait de pouvoir dessiner « en groupe ». « On se sent un peu plus protégé et c’est une manière de surmonter un peu la peur de sortir dans la rue pour dessiner, car cette rencontre en vaut la peine », assurait-il.
En arrivant sur la place du Pilar, entouré de curieux qui lui demandaient ce qu’il faisait ou le félicitaient pour son illustration, se trouvait Copla. Et ce n’était pas sans raison : le dessinateur originaire de Cáceres venait de terminer le dessin et la peinture de la basilique du Pilar depuis l’un des plus beaux points de vue sur le monument. « L’expérience est toujours extrêmement gratifiante. En plus, on rencontre de nouvelles personnes et on retrouve des amis qui partagent la même passion », soulignait Copla à propos de la journée. Dans son cas, le choix de dessiner la cathédrale était simple : « On se place devant et c’est presque l’extase. »
Deux amies venues de Madrid, qui ont l’habitude de se retrouver chaque mois pour dessiner dans la capitale espagnole, participaient également à la rencontre. C’était la première fois qu’elles venaient à Saragosse et elles ont été surprises par sa « beauté » et sa « gastronomie », reconnaissaient-elles en riant. « On apprend énormément, notamment pour cadrer, utiliser les matériaux et poser les couleurs… », expliquaient-elles au sujet de la rencontre nationale.
La rencontre a réuni environ 200 personnes ce samedi. Photo : Aragón Press
Bien que le Pilar ait été au centre de nombreuses illustrations, le marché central ou la perspective du Pilar depuis le pont de pierre ont également été beaucoup dessinés. Pour Paco, un habitant de Saragosse habitué à ce type de rendez-vous, il était évident qu’il devait sortir des sujets les plus classiques et il a choisi la tour de l’église San Juan de los Panetes. « Je me suis assis à la terrasse d’un bar et les heures ont filé… Je suis très heureux, c’était une matinée formidable. On se sent accompagné, on regarde à droite et à gauche et on ne se sent pas bizarre. En plus, les gens s’arrêtent pour regarder », soulignait le Saragossais.
Tatiana et Mariano, un couple marié, ont eux aussi profité de cette matinée « ensoleillée » pour reproduire un petit morceau de leur ville. « Je dessine depuis toujours parce que j’aime énormément ça. Sans réfléchir, j’ai réalisé ce sketch en seulement cinq minutes », expliquait Tatiana devant son croquis représentant le Pilar. Ce qu’elle aime le plus, assurait-elle, c’est « dessiner des paysages, des fleurs et des portraits de chiens ». Son mari, en revanche, avait réalisé un dessin aux crayons de cire, un peu plus abstrait : « J’ai dessiné entre 15 et 16 ans jusqu’à la fin de mes études. Ensuite, je me suis consacré à mon métier, la décoration, et maintenant je me suis remis un peu à peindre », racontait Mariano.
PREMIÈRE RENCONTRE NATIONALE D’OPEN SKETCHERS
Derrière cette rencontre couronnée de succès se trouve Diego Usón, architecte d’intérieur. Habitué à sortir dans la rue pour dessiner, il a décidé de créer il y a deux ans un groupe dans la capitale aragonaise, en suivant l’exemple d’autres villes. Depuis, environ 50 personnes se réunissent chaque mois pour dessiner ensemble et ont eu l’occasion d’accéder à des lieux emblématiques comme l’Aljafería ou le Théâtre principal.
Derrière cette rencontre couronnée de succès se trouve Diego Usón, architecte d’intérieur. Photo : Aragón Press
Cette année, Usón a voulu aller plus loin et réunir à Saragosse les différents groupes d’Open Sketchers d’Espagne, lors de ce qui est devenu leur première rencontre nationale. Le rendez-vous a réuni environ 200 personnes ce samedi. « Environ 130 sont venues de l’extérieur de Saragosse, de villes comme Burgos, Cáceres, Bilbao, Madrid, Barcelone ou Teruel, tandis que les autres sont des habitants de Saragosse qui dessinent avec nous depuis plusieurs années », expliquait-il.
L’architecte d’intérieur se disait « très heureux » de constater que cette idée, née presque comme une simple intuition, avait fini par devenir réalité. Désormais, l’objectif est de faire durer l’initiative et d’obtenir que cette rencontre nationale soit organisée chaque année dans une ville différente d’Espagne.