Ainsi s’est-il exprimé lors d’une interview accordée à la Cadena Ser, relayée par Servimedia, au cours de laquelle il a une nouvelle fois clairement indiqué que les relations avec Rabat étaient « positives », insistant sur le fait que, grâce à sa coopération, la plupart des migrants entrés à la fin du mois de juillet étaient repartis dans les premières heures et que le pays voisin avait accepté le retour des personnes n’ayant pas le droit de rester en Espagne.
CAMPAGNE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Comme il l’a expliqué depuis New York, où il se trouve dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministère des Affaires étrangères a mené une campagne sur les réseaux sociaux, soutenue par l’ensemble du réseau consulaire, afin d’expliquer aux migrants que « entrer à Ceuta et Melilla ne leur permettra pas de rejoindre le continent européen ni de rester indéfiniment à Ceuta et Melilla », les exhortant à « ne pas risquer leur argent, leur avenir ou même leur vie ».
Le ministre a tenu à préciser que la frontière entre l’Espagne et le Maroc était la « plus inégalitaire » du monde, ce qui se traduit par les tentatives de nombreux citoyens de rejoindre l’Europe. Il a donc souligné l’importance de « coopérer avec les pays d’origine et de transit » des migrants.
Albares a également fait référence aux déclarations de Sánchez hier, lorsque ce dernier a assuré avoir demandé « des réponses et des actions » à Rabat, estimant que sa gestion de la frontière avait échoué. Selon le ministre des Affaires étrangères, les propos du chef du gouvernement reprenaient ceux qu’il avait déjà tenus lors de son intervention devant le Congrès des députés, en réaffirmant les bonnes relations et la coopération. « Avec le Maroc, nous ne cherchons ni à être durs ni à être conciliants, nous cherchons à être efficaces pour les intérêts de l’Espagne, des Espagnols, des habitants de Ceuta et de ceux de Melilla », a-t-il déclaré, tout en insistant sur le fait qu’il souhaitait « une bonne relation avec le Maroc fondée sur le respect » de la souveraineté et de l’intégrité territoriale.
Dans ce sens, il a de nouveau souligné que les discussions avec son homologue marocain étaient constantes et que, le 30 juillet, il l’avait contacté pour lui dire qu’« il fallait mobiliser tous les moyens nécessaires pour interrompre ce flux et l’inverser, lui dire que ceux qui entraient repartiraient, et lui dire que cela ne pouvait plus jamais se reproduire ».
DOSSIERS DE RENVOI
Concernant les premiers dossiers de renvoi des migrants qui ne pourront pas rester légalement en Espagne après les procédures de tri correspondantes, il a évité de fixer un calendrier pour leur transfert vers le Maroc, tout en insistant sur le fait que les autorités marocaines lui avaient constamment indiqué qu’« elles ne feraient aucun obstacle au rapatriement », ce qui ne se produit pas non plus à ce jour avec ceux qui « sont déjà repartis sans aucune opposition et avec la coopération du Maroc ». « Ils ne font aucune distinction entre adultes, mineurs, Marocains ou Subsahariens et nous sommes en train de le constater », a-t-il conclu.