L’étude, réalisée par Jorge Galindo et Carles Gómez Llabrés, analyse les annonces publiées sur le portail immobilier Idealista entre le 29 septembre et le 5 octobre. Zaragoza enregistre une baisse de 5 %, même si elle ne figure pas parmi les villes ayant connu les reculs les plus marqués. La plus forte réduction a été observée à Murcia (-12,5 %), suivie de Madrid (-9,2 %), Valencia (-7,5 %), Alicante (-7,2 %), Las Palmas (-6,3 %) et Palma (-6 %).
POURQUOI LES ANNONCES DE LOCATION ONT-ELLES DIMINUÉ ?
Les chercheurs pointent l’incertitude générée par les deux décrets sur le logement approuvés par le Conseil des ministres le 29 septembre. Ces mesures prévoyaient notamment des prolongations extraordinaires des contrats, des plafonds aux hausses de loyers et des restrictions accrues pour les propriétaires. Toutefois, les deux textes ont été abrogés le 2 octobre après que le Congrès a rejeté leur validation.
Durant ces journées, certains propriétaires ont pu choisir de retirer temporairement leurs annonces ou de retarder la mise en location de leurs logements, dans l’attente de savoir quelles règles finiraient par s’appliquer. Il s’agit de l’une des explications possibles avancées par EsadeEcPol, même si ses auteurs précisent que les données ne permettent pas de démontrer avec certitude que les décrets sont directement à l’origine de cette baisse.
ZARAGOZA ENREGISTRE UNE BAISSE MOINS MARQUÉE QUE MADRID OU VALENCIA
La situation de Zaragoza présente des différences par rapport à celle d’autres grandes villes. Bien que l’offre annoncée ait diminué de 5 %, les chercheurs ont constaté que des baisses plus importantes s’étaient déjà produites lors d’autres périodes de six jours depuis juin. La réduction enregistrée dans la capitale aragonaise ne constitue donc pas un phénomène exceptionnel au regard des variations habituelles de son marché. À Barcelona, par exemple, la baisse n’a été que de 0,6 %.
LES LOGEMENTS SONT-ILS REVENUS SUR LE MARCHÉ APRÈS L’ABROGATION ?
Le retrait des décrets n’a pas non plus entraîné de reprise généralisée des annonces durant le premier week-end suivant leur abrogation. Seules Palma et Málaga ont récupéré une partie de l’offre perdue, tandis qu’aucun rebond significatif n’a été observé dans les autres villes. Les chercheurs soulignent toutefois que trop peu de temps s’était encore écoulé pour tirer des conclusions définitives.
L’analyse rappelle également qu’une réduction du nombre d’annonces ne signifie pas nécessairement que moins de logements sont disponibles à la location. Certains biens ont pu être loués, publiés par d’autres canaux ou retirés temporairement du portail. EsadeEcPol estime donc que les résultats sont compatibles avec un retrait préventif de l’offre, mais insiste sur la nécessité de continuer à observer le marché afin de mesurer la véritable ampleur de ces mouvements.