Valle a défendu des prévisions « prudentes et crédibles », qui se situent dans la fourchette retenue par les principaux analystes. La conseillère a souligné le rôle des investissements, des entreprises et des exportations dans l’évolution économique de la région. « Nous abordons l’avenir avec confiance, mais aussi avec responsabilité et réalisme », a-t-elle déclaré, avant de prévenir que le scénario « est loin d’être exempt de risques ».
LE CHÔMAGE BAISSERA, MAIS IL FAUDRA DES TRAVAILLEURS
L’exécutif régional prévoit que le taux de chômage descendra à 7,4 % à la fin de 2027, contre 9,2 % au troisième trimestre de cette année. Si cette estimation se confirme, l’Aragon se situerait plus de deux points en dessous de la prévision pour l’ensemble de l’Espagne, qui avoisine 9,5 %, selon les chiffres présentés par Valle.
La disponibilité de travailleurs sera l’un des éléments clés pour concrétiser les investissements. La conseillère a assuré que les calculs tiennent compte de la main-d’œuvre actuelle, tout en reconnaissant qu’il sera nécessaire d’attirer des professionnels. « L’Aragon devra travailler pour attirer toute la main-d’œuvre qualifiée » dont il aura besoin, a-t-elle affirmé. La construction illustre particulièrement ce défi : elle maintient une activité soutenue et affiche un taux de chômage d’à peine 2,6 %.
LES EXPORTATIONS ET LA CONSOMMATION SOUTIENNENT L’ÉCONOMIE
L’industrie aragonaise maintient son activité malgré les difficultés internationales et les coûts de l’énergie. Les exportations ont augmenté de 3,9 % au cours des huit premiers mois de l’année et la région a vendu davantage à l’étranger qu’elle n’a importé. L’automobile, l’agroalimentaire, les biens d’équipement et la logistique continuent de soutenir l’activité industrielle. Dans le secteur agricole, le revenu agricole a progressé de 10,9 % en 2025.
Les services progressent également grâce à la consommation des ménages, avec des hausses de 2,6 % tant de leur chiffre d’affaires que des ventes du commerce de détail. Valle a reconnu que ces chiffres étaient « un peu surprenants pour les analystes » et que le gouvernement en analysait encore les causes, tout en évoquant le programme Volveremos comme une influence possible. Concernant les prix, elle a expliqué que l’inflation globale et l’inflation sous-jacente se situaient au troisième trimestre environ un demi-point en dessous de la moyenne espagnole.
LES CENTRES DE DONNÉES, PARMI LES PRINCIPAUX RISQUES
Le projet de décret royal sur les centres de données constitue l’une des incertitudes susceptibles d’affecter les investissements. Valle a expliqué que le scénario central du gouvernement aragonais part du principe que cette norme ne sera pas adoptée, puisqu’elle ne l’est toujours pas. Ses conséquences possibles ont en revanche été prises en compte dans le scénario défavorable. La conseillère a averti que « l’image du pays est ternie lorsqu’on change les règles du jeu en cours de partie ».
Dans ce scénario négatif, la croissance de l’Aragon serait ramenée à 0,6 % en 2027. Outre les risques réglementaires, l’exécutif prend en compte les tensions géopolitiques, le coût élevé de l’énergie, une consommation moindre et des conditions de financement plus exigeantes. À l’inverse, une exécution plus rapide des investissements, une baisse des taux d’intérêt ou une amélioration de la situation internationale permettraient de dépasser les 2 % prévus. Valle a insisté sur le fait que la région partait d’une « position de force relative », même si elle devra faire face à ces incertitudes.