La rencontre réunira Ana Galeote et Leticia Riaguas, d’Oviaragón, Miguel Tainta, directeur technique d’ASIGA et spécialiste de la nutrition et de la pathologie animales, ainsi qu’Isabel Casasús, chercheuse au CITA spécialisée dans la production des ruminants. En présence d’éleveurs de la région, la journée permettra de présenter au secteur certains des outils et des connaissances développés dans le cadre de BoviTECH afin de progresser vers un élevage plus efficace, durable et fondé sur des décisions basées sur les données.
UN PROJET POUR AMÉLIORER LA GESTION DES ATELIERS D’ENGRAISSEMENT
BoviTECH a été lancé en 2025 dans le but de fournir des outils innovants pour aider le secteur à prendre des décisions, améliorer l’efficacité des exploitations et veiller au bien-être des animaux. Pour ce faire, des éleveurs, des techniciens et des chercheurs travaillent à intégrer des paramètres biométriques et des technologies de suivi dans la gestion de l’engraissement des veaux, afin d’évaluer l’influence de l’alimentation sur leur santé, leur bien-être et leurs performances productives.
Le projet est coordonné par Oviaragón-Grupo Pastores, une coopérative qui possède une longue expérience dans le secteur ovin et met désormais son savoir-faire au service de l’élevage bovin. Depuis 2024, elle a géré l’engraissement de plus de 2 500 veaux dans 14 ateliers d’engraissement aragonais.
Le Centre de recherche et de technologie agroalimentaire d’Aragon (CITA), l’École polytechnique supérieure de Huesca de l’Université de Saragosse et ASIGA participent au projet en tant que partenaires collaborateurs. Le département de science animale du CITA apporte son expérience dans la recherche sur les systèmes d’élevage et la production animale, tandis que le Laboratoire des machines agricoles et industrielles de l’École polytechnique contribue par ses connaissances en technologie, numérisation et suivi.
De son côté, ASIGA travaille à améliorer la santé animale grâce à des stratégies d’élevage durables et à réduire l’utilisation de médicaments. BoviTECH est un groupe opérationnel du Partenariat européen d’innovation (PEI), dans le cadre du Plan stratégique national de la PAC 2023-2027, cofinancé par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, respectivement à hauteur de 80 % et 20 %, lors de son appel à projets de 2025.
PLUS DE 400 ENREGISTREMENTS HEBDOMADAIRES POUR DÉTECTER LES RISQUES
Le cœur du projet consiste à développer un système d’aide à la décision capable d’intégrer des informations productives, sanitaires, environnementales et liées à la conduite d’élevage afin de générer des alertes précoces concernant d’éventuels problèmes de santé dans les ateliers d’engraissement, avant qu’ils n’affectent la croissance et le bien-être des animaux.
Pour ce faire, différentes stratégies alimentaires et technologies commerciales destinées au suivi individuel des animaux sont évaluées. Des données sur la consommation, les performances productives, les conditions environnementales et les incidents sanitaires sont également recueillies de manière systématique. Ce suivi sanitaire représente jusqu’à présent plus de 400 enregistrements hebdomadaires collectés dans les élevages participants.
L’intégration de ces données aux informations environnementales obtenues grâce à des capteurs et aux relevés météorologiques permettra d’établir des seuils d’alerte afin d’identifier rapidement les situations présentant un risque sanitaire et d’améliorer ainsi la capacité de réaction.
Parallèlement, le projet étudie différentes stratégies nutritionnelles pour optimiser les résultats productifs des veaux. Pour cela, plusieurs formulations commerciales d’aliments présentant différents niveaux énergétiques et formats de présentation, sous forme de farines et de granulés, sont comparées. Des flavonoïdes naturels sont également incorporés pour leur effet anti-inflammatoire intestinal. L’objectif ultime est d’améliorer la santé digestive des animaux et de limiter le recours aux traitements vétérinaires, dans le cadre d’une stratégie « One Health », tout en maintenant une bonne efficacité économique.